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Le dernier veilleur

Lorsque expire l'azur sous les vitraux du givre, J'endosse un manteau noir que la nuit vient poursuivre, Les pavés me confient leur mémoire de pierre, Dont chaque veine enfouit la ferveur de la terre. Je marche où le silence inaugure ses royaumes, Là où dorment les noms dans les archives des chaumes, Les réverbères d'or, pareils à des oracles, Couronnent de leur feu l'exil des vieux miracles. Je ne garde jamais les demeures des hommes, Je veille les serments que les saisons assomment, Les promesses sans voix, les regards oubliés, Dont les siècles ont fait leurs jardins repliés. La neige est mon écrin, non l'hiver de la cendre, Elle écrit sur le vent ce qu'il faut réapprendre, Chaque flocon descend comme un lys de silence, Portant jusqu'à mon cœur l'invisible alliance. Les cheminées n'ont plus la mission de la braise, Elles ouvrent le seuil d'une secrète genèse, Leurs flammes sont les mains d'une amante éternelle, Qui recoud les destins d'...

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