L’automne qui portait ton nom


Septembre arriva vêtu d’une robe de cuivre et de silence,

portant dans ses mains les reliques du dernier été,

et les collines, sous l’or tendre de sa présence,

se mirent à chanter les secrets qu’elles avaient gardés.

Je marchais seul parmi les sentiers aux parfums d’humus,

là où les forêts conservaient la mémoire des saisons,

où les branches murmuraient des prières inconnues

au passage discret des vents et des floraisons.

Les noyers offraient leurs senteurs aux heures descendantes,

les genêts déposaient leurs éclats sur les chemins oubliés,

et le houx, gardien des demeures verdoyantes,

portait dans ses feuilles les flammes de l’éternité.

Le ciel n’était plus un ciel.

C’était une vaste cathédrale d’ambre,

un royaume suspendu entre la terre et l’infini,

où chaque rayon semblait apprendre à renaître

avant de disparaître dans les bras de la nuit.

Alors je t’ai vue.

Tu apparaissais dans cette lumière d’arrière-saison,

comme si septembre avait façonné ton visage

avec la douceur d’une ancienne chanson

et la patience d’un peintre amoureux des paysages.

Tes yeux avaient la profondeur des matins d’octobre,

ces matins où la brume embrasse encore les vallées,

et ton sourire semblait porter dans son ombre

toutes les promesses que les années avaient cachées.

La forêt entière devint témoin de ta présence.

Les feuilles suspendirent leur chute.

Le vent ralentit son voyage.

Même le soleil, avant de quitter les branches,

déposa sur tes épaules une couronne de lumière.

Je compris alors que certaines beautés ne se regardent pas,

elles se reçoivent.

Comme une bénédiction offerte aux âmes patientes,

comme un secret confié aux cœurs capables d’entendre,

comme une page blanche attendant l’encre ardente

d’un homme qui n’a jamais cessé de chercher.

Nous avons marché jusqu’au soir naissant,

dans cette saison où le monde semble plus fragile,

et chaque seconde devint un joyau tremblant

sur le collier invisible de notre histoire.

Car l’amour véritable ressemble à septembre,

il ne promet pas de retenir les feuilles,

il leur apprend simplement à tomber avec grâce.

Et depuis ce jour, lorsque l’automne embrase les forêts,

je retrouve ton souvenir dans chaque lumière dorée,

car certaines rencontres ne passent jamais,

elles deviennent une saison éternelle

que le cœur continue d’habiter.

copyright © Régis- François. F - Les mots du dernier veilleur





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